Samedi 11 juin 2011
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Je vous recommande de lire chaque mercredi le Canard Enchaîné.
Car c'est un peu comme écouter Nicolas Canteloup sur Europe 1 : cela fait du bien aux zygomatiques.
Cette semaine le Canard a épinglé Luc Ferry, arrière-petit-neveu de Jules Ferry et ancien Ministre de la Jeunesse, de l'Education Nationale et de la Recherche des gouvernements I et II de
Jean-Pierre Raffarin.
Philosophe également...
Et professeur d'université. Très grand (immense) professeur : agrégé de philo, docteur d'état en science politique, ..... oulala une vraie star. Le Tony Parker des universités.
Mais depuis un certain temps (certains journaux parlent de 14 ans, flute alors !), Luc Ferry est un salarié fictif de l'Education Nationale, puisqu'il touche son salaire sans enseigner (4 500 €
net c'est cool), et bien pire il fait fi de plusieurs rappels à l’ordre du président de Paris VII Vincent Berger (son boss) qui lui demande de travailler.
Jusqu’à fin 2010, Luc Ferry est un mec ultra-privilégié puisqu'il bénéficie de dispenses d’enseignement avalisées par les ministres de tutelle (Education et/ou Enseignement supérieur). Trop belle
la vie.
Seulement voilà , la LRU (= la loi relative aux Responsabilités et aux Libertés des Universités, portée par Valérie Pécresse) rend les universités autonomes et quand on est président de
Paris VII par exemple, on demande désormais des comptes à ses salariés.
Alors aujourd'hui on assiste à un fabuleux numéro d'accrobranche de la part de Matignon, qui part sauver le soldat Ferry et annonce vouloir rembourser à l’université Paris VII les salaires
que son soldat a perçus cette année comme professeur fictif.
La formule magique à Matignon pour régulariser la situation de l’ex-Ministre est un "détachement rétroactif" (bong sang mais c'est bien sur !).
Luc Ferry sera donc détaché auprès des services du Premier ministre, a posteriori bien entendu, en qualité de Président du Conseil d’analyse de la société (CAS), une structure rattachée à
Matignon qui fournit des rapports (mdr). Il y perçoit déjà une rémunération de 1800 euros par mois, et maintenant il aura une vraie convention de détachement.
C'est beau l'accrobranche.
Alors bien sur en toile de fond, il y a Luc Ferry, qui se prend pour Zola en accusant le 31 mai dernier sur le plateau du Grand Journal de Canal+ un ancien ministre de pédophilie à Marrakech.
Sans preuves contre l'accusé et sans reproches pour lui-même. Le Bayard de la politique en quelque sorte.
Pour Luc Ferry la philosophie est une sériotologie, c'est-à-dire une doctrine du salut. Tout un programme.
Une des grandes maladies du monde politique en France est sans aucun doute le cumul des mandats.
Quand on a quelques superdiplômes, qu'on est en plus philosophe (le graal de la légitimité...) et qu'un jour l'Etat vous attribue (de façon éphèmère) quelques superpouvoirs, on peut parfois
perdre la simplicité, l'élégance...au profit d'autres attitudes moins chicos telles l'arrogance, la suffisance....
Puis après on perd le contrôle.
D'abord les gravillons.
Puis après c'est le tonneau.
Ci-dessous une petite image, trouvée sur le site Skyrock :-)
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